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Demande à la poussière

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3 février 2022 à 20:00

compagnie Wales • John Fante

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Une adaptation du roman de John Fante pour faire revivre le mythe du rêve américain et parler de jeunesse, d’ambition, de séduction, de peur et de désir.

Arturo Bandini a vingt ans et rêve d’être le plus grand écrivain américain. Il s’installe à Los Angeles pour y construire sa destinée. Hélas, le pays traverse la Grande Dépression des années 30 et Bandini découvre les rues sombres et tristes, la précarité et la discrimination. Il cherche l’inspiration auprès des femmes qu’il rencontre comme Camilla, belle serveuse mexicaine ou Vera, femme vieillissante et mutilée. Dans une arène de poussière, ces personnages déracinés s’affrontent pleins d’espoir sur cette terre d’asile, fragile et redoutable.

 

Demande à la poussière raconte le parcours d’Arturo Bandini à vingt ans et j’ai vingt ans quand je découvre ce récit. Arturo et moi, moi et Arturo : très vite, je me reconnais dans ce jeune écrivain. Le personnage écrit son premier roman, je vais en faire ma première création. La question centrale de la pièce est le travail de l’auteur. Défendre ce texte c’est défendre l’importance de l’imagination et la nécessité de la création.

Demande à la poussière est un long message d’espoir pour tous les jeunes de mon âge. C’est ce livre qui m’a permis de continuer à rêver, de ne pas me suffire de ma situation actuelle et de me donner les moyens d’aller au bout de mes envies. A travers cette création je nourris donc ma propre nécessité de créer et je me questionne à mon tour sur les tristes fatalités de ce monde qui nous poussent dans des clivages absurdes en raison de nos origines ou de nos différences sociales. Je veux aussi, avec Demande à la poussière, parler d’un monde raciste et violent décrit en 1939 et pourtant encore d’actualité.

J’ai choisi de présenter Arturo dans sa chambre, son histoire se déroule donc en huis clos. En le mettant devant sa machine à écrire, je fais d’Arturo un scientifique qui se demande ce qu’est l’autre, pourquoi l’autre réussi et pourquoi l’autre s’écroule. C’est à travers lui que je fais apparaître ses personnages au plateau pour lui faire mener ses propres expériences humaines qui nous ramènent à notre réalité. Les individus Camilla, Hellfrick, Sammy, Véra s’écharpent sans ménagement. En plaçant l’écrivain seul face aux autres, je veux demander au spectateur pourquoi les différences font encore débat aujourd’hui. Je mets en scène un Bandini ayant le besoin de se hisser au-dessus des autres pour réussir. Mais quand ses personnages semblent plus vrais que nature, Arturo est dépassé par leur réalisme et par ses propres désirs. Chaque personnage qu’il côtoie s’avère avoir les mêmes quêtes et la même détermination que lui. Nous en venons aux mains et aux armes. Les images prennent alors le pas sur la littérature. Quand Arturo reprend la plume ce n’est que pour reprendre sa respiration au milieu des travers de l’humanité qui l’asphyxient.

Maxime Pichon

 

adaptation et mise en scène : Maxime Pichon / interprétation : Pierre Bacheviller, Jacques Gouin, Benoît Pompéo, Mathilde Velsch / musique : Benoît Pompéo / lumières : Arthur Patard / regard scénographique : Cyrille Guillochon / décor : François Bouttier, Solène Mussard / regards artistiques : Abdellatif Baybay , Katia Grange

L'auteur

John Fante est né le 8 avril 1909 à Denver, Colorado. Fils d’immigrés italiens, il rêvait d’être un véritable américain. Le rêve américain, il l’a écrit et vécu dès son premier roman en 1933, La route de Los Angeles. Le roman sera publié après sa mort, jugé trop provocant par ses contemporains. Se considérant comme le plus grand écrivain américain au monde, il est pourtant réellement connu qu’en 1952 et reconnu en 1979, quand Charles Bukowski a fait rééditer Demande à la poussière, roman semi-autobiographique. Il consacra toute son œuvre à sa vie personnelle et sa famille, entre ses contrats de scénariste à Hollywood.