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Double Bill

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30 novembre 2017 à 19:30

1 décembre 2017 à 20:30 (Réserver)
2 décembre 2017 à 20:30 (Réserver)
Stomach Company et Compagnie Borboletas

Double Bill : deux spectacles à découvrir dans la même soirée !

 

Trtff, les gens importants

La femme qui se tient là face à vous est à la fois en représentation et dans ses pensées intérieures. Difficile alors de discerner la réalité – les événements vécus ou racontés – de sa perception intime. En suivant cette voix intérieure, nous nous enfonçons inexorablement dans le sentiment d’illégitimité qu’elle cherche à exorciser.

Dramaturgie : Heike Bröckerhoff / Interprétation : Colyne Morange / Regards extérieurs : Quentin Ellias, Marion Thomas / Regards chorégraphiques : Élise Lerat, Loic Touzé

When you talk about the swimmer

Un homme décide de rentrer chez lui en traversant à la nage toutes les piscines qu’il croise sur son chemin. Voilà le postulat du film The Swimmer (1968) dans lequel le héros découvre la vanité du rêve américain et le vide qu’il y a au cœur de sa vie. Peut-on traiter un film comme une partition pour une performance solo ?

Coproduction Le Quai – CDN Angers Pays de la Loire

Mise en scène et interprétation : Antoine Fraval en collaboration avec Augusto Corrieri

Dans cette nouvelle collaboration, Augusto et moi-même avons commencé à considérer le film de 1968 The Swimmer comme une source clé de notre recherche car il contient quantité de thèmes et de questions ouvertes ayant toujours pour point de départ le corps de nageur de Burt Lancaster. The Swimmer est un film grand public assez unique, son intrigue et sa structure consistant entièrement en une suite de marches et de nages. Le film, qui se déroule sur une journée, critique la vanité du rêve américain, les divisions de classe oppressives, le sexe et l’ethnicité, et l’inhabilité du héros à chérir ce qui est important.

Dans ce projet, when you talk about The Swimmer, le concept initial qu’Augusto et moi-même souhaitons tester et creuser en studio est de rejouer le film scène par scène, en séquence. Nous voulons aborder The Swimmer comme une partition à plusieurs niveaux, pouvant être à nouveau lue et interprétée.

Comme partition, le film peut être joué musicalement, chorégraphiquement, parfois même dramatiquement. Par exemple, alors qu’il écoute le générique au casque, le performeur solo recrée tous les sons et la musique, à la manière d’un bruiteur professionnel. Ou encore, l’interprète reproduit des bribes de dialogue et de voix d’acteurs ; il recrée leurs mouvements et ceux de la caméra – la douce glisse d’un travelling shot aux effets d’un gros plan soudain. Par endroits, il pourrait « pauser » son jeu, et commenter sur les parallèles possibles entre sa propre vie et le film. Dans ce projet, j’explore des façons d’utiliser le corps dans l’espace pour sculpter le film, en direct. La tâche est de « refaire » le film : il ne s’agit pas d’adapter l’intrigue et les dialogues sur le plateau, mais plutôt de travailler avec tous les éléments, y compris, par exemple, le générique de début, un gros plan long sur l’œil de Lancaster, ou encore une envolée d’oies sur le départ.

Antoine Fraval

J’ai envie de donner à sentir le sentiment d’imposture au public. Ce qui ne veut pas dire que je veux que les spectateurs se sentent mal, qu’ils aient le sentiment d’oppression que ressentent les « imposteurs », mais qu’ils puissent l’approcher. J’aimerais rendre palpable l’angoisse que cela crée, donner à sentir quelque chose de l’ordre du cauchemar. Et puis, dans toute cette complexité intérieure, insérer de l’humour, pouvoir rire de ça. Il y a un côté pathétique et tragique là dedans, qui peut virer à l’absurde. Et l’absurde, on peut dire que ça me touche énormément, voire que c’est une marque de fabrique. Toutes les questions que se pose « l’imposteur », toutes ses peurs et les cases auxquelles il se réfère pour s’autodéprécier ne viennent pas de nulle part. Notamment, ce besoin d’en faire toujours plus, l’impression d’être en dessous de ce qu’il faudrait être quoi que l’on fasse. Ces auto-jugements émergent au sein d’une société qui demande de produire toujours plus, qui prône le rendement et l’efficacité, qui pousse les individus à devenir des entrepreneurs d’eux-mêmes. Un modèle de vie où chacun doit gérer son temps et sa propre vie comme on gère une entreprise. Il me semble que ce contexte-là a tendance à favoriser le sentiment d’imposture, ou du moins sa fréquence… C’est ce que j’ai envie d’interroger avec ce spectacle, en partant de l’intime, en considérant les comportements internes des individus / personnages comme le reflet des valeurs qui les entourent. Et puis, Belinda Cannone propose aussi l’idée que lorsqu’il est assumé, ce sentiment peut devenir un moteur qui pousse à remettre en question les cases et les normes d’une société et déclencher de la révolte. Un exemple : « Pourquoi je n’aurais pas le droit d’écrire un livre d’analyse sociologique alors que je n’ai pas de diplôme de sociologie ? ». C’est là, où il devient une figure créatrice et positive, aussi. Je crois au doute et aux zones de flou, je crois que c’est dans la fragilité, l’hésitation et le bancal que nait le mouvement. Et c’est ce que je souhaite affirmer avec ce spectacle.

Colyne Morange

 

La compagnie

LA COMPAGNIE BORBOLETAS :
Antoine Fraval a d’abord obtenu une licence de biochimie. Il s’est ensuite initié aux formes théâtrales à Dartington College of Arts, Angleterre, de 1999 à 2002. Il était co-fondateur de la compagnie Deer Park (création et interprétation de See You Swoon et Years Years), il a travaillé avec plusieurs compagnies dont Polar Produce et Lone Twin. De 2005 à 2012, il a rejoint le groupe Lone Twin Theatre avec lequel il a collaboré et interprété dans The Catastrophe Trilogy : Alice Bell, Daniel Hit by a Train et The Festival. Pendant cette même période, il a interprété Ghost Dance avec Augusto Corrieri, une performance d’une durée de 12h crée par Lone Twin. Depuis 2007 et en parallèle avec son travail en collaboration, Antoine s’exerce à une pratique en solo ; il a présenté un work-in-progress de The Immortal Losing Game à Oxford en 2007 et Daniel, un hommage à Daniel Johnston au festival de Pontlevoy en France. Revenu en France depuis huit ans, Antoine collabore brièvement avec le collectif Platok et joue dans L’Ombre, une adaptation par Fréderic Vossier du conte philosophique d’Andersen, mis en scène par Jacques Vincey. En 2015, il commence à travailler sur une nouvelle performance en solo, en collaboration avec Augusto Corrieri.

LA STOMACH COMPANY :
Stomach Company est un groupe de théâtre basé à Nantes depuis 2012. Il est dirigé par Colyne Morange, metteure en scène, auteur et comédienne, accompagnée de Heike Bröckerhoff, dramaturge, et Pierre Bouglé, régisseur et créateur sonore. Nous cherchons à développer de nouveaux langages scéniques, concevant la dramaturgie et la forme de chaque projet en empruntant, selon sa thématique et son équipe, les langages de l’image, de la chorégraphie ou de la musique. Nos créations s’écrivent entre le plateau et la table et posent toujours la question de la place des spectateurs (formes immersives, conférences, participation du public. Nous aimons raconter des histoires d’individus contemporains, réels ou fictifs, et partons de trajectoires intimes pour parler des beautés et absurdités du monde actuel. La compagnie développe également des projets d'action culturelle : workshops, ateliers, créations partagées et actions dans l'espace public.