Aller au contenu
Chargement Évènements

Jackie

22 avril 2021 à 20:00

compagnie Grosse Théâtre • Elfriede Jelinek

Navigation évènement

Ce monologue dépeint Jackie Kennedy comme une femme assiégée par la mort et prisonnière des images que les médias créent d’elle, dans un monde politique fait de dupes et de faux-semblants.

Elfriede Jelinek dissèque la souffrance d’une femme qui pour exister fait de son corps une œuvre d’art et un champ de bataille. Elle livre une ode à une tragédienne moderne, rêve et cauchemar d’une jeune fille qui ne choisit pas sa destinée. Jackie, figure brisée d’une Amérique qui voulut créer un conte de fées et imposer son système de mise en scène politique et médiatique. Un portrait dramatique et ironique au travers duquel les femmes et les hommes entrevoient les limites du pouvoir.

 

Jackie est un texte qui me trouble car il dissèque avec profondeur les méandres d’une société à travers le prisme d’une figure féminine. Ma recherche artistique est animée par ces grandes héroïnes qui me permettent de mettre en voix leurs paroles émancipatrices et sans concession. Elles sont pour moi des consolations à nos questionnements existentiels (la mort, l’amour, le désir, la politique).

Ce texte est à mon sens le moyen d’emmener le spectateur vers une catharsis en mettant en scène une figure qui soulève les souffrances et les humiliations d’un corps féminin emprisonné dans un fantasme médiatique. L’image d’une femme qui se doit de rester éternellement jeune, d’accoucher pour perpétuer le nom de la dynastie en comparaison perpétuelle avec d’autres corps féminins (Marilyn Monroe…). Une femme réduite à son vêtement, sans cesse en contrôle, une femme fabriquée, une femme objet.

À travers ce texte je souhaite parler de la représentation d’un pouvoir corrosif qui détruit la santé mentale. Un pouvoir qui se définit par caste, par clan, par un combat de l’image violent et destructeur qui empêche la pensée de s’exprimer : représentation d’une Amérique qui voulant faire vivre le rêve a créé les névroses et les modèles d’une société d’apparat, d’argent et de reconnaissance. Jackie Kennedy fut l’égérie des grands couturiers et des magazines, modèle d’une femme au foyer et dans l’intime une femme trompée, une femme sous l’emprise de la violence de son mari et d’un jugement permanent de sa caste qui la trouvait trop libre.

Clément Pascaud

 

mise en scène : Clément Pascaud / interprétation : Vanille Fiaux / lumières : Vincent Chrétien / collaboration artistique : Louise Sari / administration et production : Christelle Guillotin

La compagnie

Formé dans les métiers du journalisme, Clément Pascaud fonde la compagnie Le Point du soir en 2015 qu’il installe à Nantes, soutenu par Grosse Théâtre, avec le désir d’explorer des textes qui questionnent l’identité et la quête du soi. Il créé en 2017 sa première mise en scène, Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, au Théâtre de Poche à Hédé-Bazouges puis au TU-Nantes. En 2018, il crée Programme Penthésilée : Entraînement pour la bataille finale de Lina Prosa au TU-Nantes. Le spectacle sera repris en 2019 au Quai à Angers et au Grand T à Nantes. Depuis 2018, il est artiste résident au Nouveau Studio Théâtre de Nantes. Clément Pascaud développe également un programme d'actions culturelles (ateliers, lectures, rencontres) en direction des différents publics.

L'auteur

Elfriede Jelinek est une femme de lettres autrichienne. Elle est lauréate du prix Nobel de littérature en 2004. Son œuvre en prose utilise la violence, le sarcasme et l'incantation afin d'analyser et de détruire les stéréotypes sociaux, l'exploitation sociale et les archétypes du sexisme. Elle met également en accusation l'Autriche qu'elle juge arriérée et imprégnée de son passé nazi. Elle entretient vis-à-vis de son pays une haine virulente et réciproque. Elle fut membre du Parti Communiste autrichien de 1974 à 1991. Son œuvre est traduite dans de nombreuses langues mais ses pièces sont essentiellement jouées dans les pays germanophones, l’Allemagne en premier lieu.