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Le mardi à Monoprix

25 avril 2019 à 19:30

26 avril 2019 à 20:30 (Réserver)
27 avril 2019 à 20:30 (Réserver)
Transs Compagnie • Emmanuel Darley

Ce monologue drôle et émouvant est un cri intense contre l’immobilisme, le conservatisme et les préjugés de tous bords.

Chaque mardi, depuis quelques temps, Marie-Pierre vient s’occuper de son père veuf, dans le quartier où elle a grandi. Elle passe la journée avec lui, fait son ménage et son repassage. Puis ils vont à Monoprix faire les courses pour la semaine. On les connaît ici. Elle est belle, Marie-Pierre. Tous les yeux sont tournés vers elle quand elle fait les courses avec son père. C’est qu’avant d’être Marie-Pierre, son nom était Jean-Pierre…


Ce qu’il y a de captivant dans Le Mardi à Monoprix, ce n’est pas seulement le discours sur le genre ou la transsexualité, ce serait trop réduire le propos d’Emmanuel Darley à un pamphlet sur la tolérance. Ce qu’il y a de fascinant, c’est le rapport qu’entretient cette « femme à l’intérieur » avec elle-même et avec les autres. Son combat, c’est de se faire accepter pour ce qu’elle est après s’être acceptée elle-même. Il y a parfois de la révolte, de la colère, mais aussi de la détresse et de la solitude.

Et nous finissons par marcher à côté d’elle, laissant là nos vieilles certitudes pour nous ouvrir à l’autre et nous émouvoir des vexations, des rejets et finalement des violences subis au quotidien d’une société toujours prompte à stigmatiser les différences.

« J’ai toujours été fille à l’intérieur », répète-t-elle. Avec elle, nous avançons et comprenons comment la transformation intime de ce garçon en femme finit par exploser pour se poser avec évidence sur sa forme extérieure et affirmer le droit de chacun à disposer de son corps.

Suivre les pas de Marie-Pierre et de son veuf de père, dans la rue, à la terrasse d’un café, à Monoprix, et construire un moment théâtral autour de ces deux solitudes, au gré de leurs incompréhensions, de leurs doutes, de leurs peurs et finalement de l’amour qui n’arrive pas à se dire.

Jack Percher


 

Mise en scène : Jack Percher / Interprétation : Jules Radin

L'auteur

Emmanuel Darley publie pour commencer deux romans : Des petits garçons (éditions POL, 1993) puis Un gâchis (éditions Verdier, 1997). Après cette entrée dans le domaine romanesque, c'est la rencontre avec le théâtre, avec des compagnies, avec des metteurs en scène, des acteurs comme avec d'autres auteurs. Il va alors se consacrer largement à l'écriture dramatique. Certaines de ses pièces seront lues, d'autres mises en espace, éditées, d'autres enfin jouées. Pas bouger, créée en 2001 par la compagnie Labyrinthes à Montpellier, a été traduite en plusieurs langues et largement représentée en France comme à l'étranger. Il revient au roman en 2003 avec Un des malheurs (éditions Verdier), prix littéraire Charles-Brisset, puis en 2007 avec Le Bonheur (éditions Actes Sud). Ces deux derniers textes, tout en revenant à une forme romanesque, prolongent en une large part sa démarche théâtrale. Ce sont des œuvres polyphoniques, donnant à entendre les voix de nombreux personnages placés hors d'un schéma narratif classique : voix des combattants ou des assiégés, des vivants et des morts dans Un des malheurs, roman autour de la guerre ; voix d'immigrés, voix de migrants en fuite, de passeurs, ou de ceux restés au pays dans Le Bonheur, roman du déracinement. Il poursuit son activité théâtrale en 2007-2008 avec Bonheur ? texte écrit pour la mise en scène d'Andrès Lima à la Comédie-Française (mars-avril 2008 au théâtre du Vieux-Colombier).