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Les habits neufs de l’Empereur

13 novembre 2019 à 18:30

Compagnie Escale • Hans Christian Andersen

Ce conte malicieux transpose dans un monde imaginaire une réflexion profonde sur la fièvre d’obéissance de l’être humain.

Il y a très longtemps, dans un pays très lointain, un empereur très coquet aimait par-dessus tout les très jolis costumes. Un jour, deux escrocs se présentent au palais et affirment pouvoir tisser le plus fabuleux des tissus, invisible aux imbéciles. Les voilà à passer leurs navettes sur un métier vide, amassant or et fil de soie. À la première coupe, l’empereur envoie son chambellan : celui-ci ne voit rien mais ne voulant pas paraitre sot, de l’étoffe il fait l’éloge. À la deuxième coupe, le ministre est dépêché : pas plus sot que le premier, il fait enfler la rumeur… Et ainsi de suite jusqu’à l’empereur.

 

La rumeur : fantasme ou conformisme ? Au lieu d’une étoffe, les tailleurs tissent une rumeur. Ils la travaillent comme une matière et la laisse se répandre comme une ombre. En vantant leur tissu soi-disant invisible pour les sots, ils utilisent le pouvoir du conformisme et du merveilleux. Et la foule, comme la cour, comme l’empereur, acceptent de trahir leurs perceptions pour ne pas paraitre imbéciles ou ridicules. Ils laissent l’ombre les envahir. Mais l’enfant, qui affirme au milieu de la foule que le roi est nu, fait la lumière et rend à la vérité sa couleur… Les deux escrocs sont-ils vraiment coupables en éveillant la ville à ses fantasmes ?

L’empereur est-il vraiment dupe, ou bien n’accepte-t-il pas de se prêter au jeu pour observer jusqu’où sa cour est prête à lui mentir ? Le peuple est-il vraiment sot, ou bien ne préfère-t-il pas garder la distance face à une vérité qu’il sait dérangeante ? Nous imaginons un théâtre d’ombre et de fresques, de corps réels et de “corps–silhouettes”, pour jouer des multiples couches de lecture de ce conte. Nous poursuivrons notre recherche de théâtre de marionnette corporelle, où les corps des marionnettistes s’imbriquent et s’immiscent dans les parties laissées vacantes des masques ou des marionnettes. Nous le ferons dialoguer avec le théâtre d’ombre.

La Compagnie Escale

 

création collective en partenariat avec Teatro Gioco Vita / interprétation : Guillaume Druel, Hugues Hollenstein, Grit Krausse / conseils artistiques : Nicoletta Garioni, Fabrizio Montecchi / regard extérieur : Gerard Elschot / toiles peintes, silhouettes et masques : Lara Manipoud / costumes : Héloise Calmet / scénographie et construction : Luc Boissinot / régie lumières : Matthieu Fays, Nicolas Mignet

La compagnie

Acteurs ivres de mouvement et équipe en rêve de voyage, nous jouons à repousser les frontières du théâtre, du mime, de la danse, du cirque et de la marionnette depuis 1991. Dans nos spectacles, l’engagement physique transpire l’énergie et l’envie de vivre. Au fil de nos chemins se dessine un théâtre total où les acteurs sont au centre, les décors sont mobiles, les compositions musicales et les éclairages s’y infiltrent, et la parole est au bout.
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L'auteur

Hans Christian Andersen (1805-1875) est un romancier, dramaturge, conteur et poète danois, célèbre pour ses nouvelles et ses contes de fées. Longtemps ignoré ou tourné en dérision dans son pays où l'on raille son égocentrisme, il n'est reconnu tout d'abord qu'à l'étranger. Ses nombreux voyages (Turquie, Italie, Suisse, Espagne) lui inspirent des récits qui constituent la meilleure partie de son œuvre, après les contes. Mais ses compatriotes lui reprochent justement de parcourir le monde uniquement pour y trouver la célébrité. Bien que ses romans et pièces de théâtres n'aient pas connu le succès qu'il souhaitait, Andersen a tout de même été apprécié et reconnu de son vivant dans son pays grâce à ses contes pour enfants traduits dans le monde entier mais aussi grâce à sa personnalité étrange et attachante.