exposition Éloïse Rabaté

PASSAGE
du 9 septembre au 16 octobre
vernissage le jeudi 10 septembre à 18h30
La série de peintures « photogrammes » part de plans de films et séries capturées au fil de mes nombreux visionnages. Il s’agit avant tout d’un geste cinéphile, par la capture, j’accumule, je collectionne les plans. Je choisi des plans, des cadrages trop vite oubliés dans le flux d’images. J’aime l’idée de les faire exister pour eux même, en leur donnant une nouvelle vie. Je les réinterprète avec mon pinceau, par touches, libre de modifier certaines couleurs. Le cadrage et les contrastes me permettent de faire vivre l’obscurité et l’absence, pour donner à ces images en suspens la sensation que quelque chose s’est passé où va se passer.
Les sources de ces images restent à ma discrétion, seul le minutage du film/épisode de série laisse un indice dans le titre. Le spectateur de mes peintures est alors libre de les interpréter, à son tour d’imaginer l’histoire de ces plans se faire scénariste de ces nouvelles images.
C’est dans un souci de composition de l’image que je fais disparaître parfois un corps, parfois des accessoires ou un élément de mobilier. Cette épure sert à créer une vie propre au décor trop souvent effacé au profit du mouvement et du corps, car je suis convaincue que les espaces ont une énergie particulière, qu’ils sont imprégnés d’histoires, et sont bien plus qu’un simple fond pour des personnages.
Ainsi, pour cette exposition autour du passage, j’ai souhaité représenter d’un côté ces lieux de passage (cages d’escalier, halls d’entrée, couloirs, etc.), pour la plupart vides ou seulement peuplés de silhouettes, et de l’autre ceux qui les traversent : la foule, les personnages, les spectateurs. Les faire vivre séparément, pour eux-mêmes. La notion de passage, très présente dans cette série de peintures, m’a semblé entrer naturellement en résonance avec cet espace d’exposition. Ce lieu d’entracte, de transition entre l’extérieur et la salle de spectacle, apparaît comme un sas entre le réel et la fiction.