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Nulle part de partout

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23 février 2022 à 18:30

collectif Râ - Théâtre en chemin • Dominique Richard

Un voyage poétique sur l’absence et le deuil de la vie passée, une réflexion sur le langage et la libération par la parole.

Deux sœurs, au pied de leur immeuble, au début d’un soir d’été. Avant, elles vivaient dans une caravane, mais les difficultés ont obligé leurs parents à abandonner la vie nomade. Depuis, la cadette a décidé de ne plus parler. Elle ne communique que par une langue des signes inventée avec Gajick, son amoureux. Au cours de la nuit, elles vont se glisser dans cette ville mystérieuse, explorer ses tréfonds et découvrir ses secrets. Petit à petit, la cadette reparlera à sa façon : une langue faite de mots valises, poétique et drôle.

 

Dans ce monde étrange et inquiétant qui est le nôtre, comment encore avoir le désir de parler, d’écrire ? Quand plus rien ne va, du moins quand ça ne va pas très bien, ne vaut-il pas mieux se taire et se réfugier dans le silence ? A quoi bon écrire encore quand tout semble s’effondrer autour de soi ? Que faire d’autres que d’échanger des colères impuissantes ou des hochements de tête désabusés ?

Je sais qu’il me faut écrire malgré tout, à tout prix, en dépit des catastrophes, des démagogues, des ours polaires qui meurent sur la banquise, des guerres toujours renaissantes, des murs qui se construisent partout sur la planète… La parole ne sauve pas de tout, mais elle éclaire dans la nuit, indique des espoirs encore voilés, éveille les désirs et les engagements, fait ressurgir les souvenirs qui relient au passé et guident dans l’errance.

Je suis comme la cadette dans sa nuit, à la recherche de ma lumière, entouré de tous ceux qui m’aident à écrire et m’encouragent, à deviner des passages vers la sortie du labyrinthe, à m’imaginer donner la parole à ceux qui ne l’ont plus, les invisibles, « ces muets sans terre qui parlent si bien »* et qu’on devine à peine dans les rues, ceux qui se réfugient sous les ponts, qui se dissimulent dans la pénombre des ruelles, qui s’égarent et errent au milieu des terrains vagues, qui sont rejetés vers la périphérie des ville pour y installer leurs petits manèges de fortune…

Dominique Richard

 

mise en scène : Dominique Richard / assistanat à la mise en scène, scénographie : Vincent Debats / interprétation : Elsa Adroguer, Nathalie Alibert, Adeline Détée en alternance avec Pauline Bertani, Sonia Fernandez Velasco / son : Sonia Fernandez Velasco / regard chorégraphique : Adeline Détée / lumières et vidéo : Dominique Pain / régie plateau et construction du décor : Allaoua Chettab / régie son : Brice Trinel / production et de diffusion : Les filles du Jolivet

La compagnie

Le Théâtre en Chemin s'est donné pour mission la défense des textes d'auteurs contemporains, en particulier pour la jeunesse. Il s'agit de faire connaître ce répertoire très riche mais souvent méconnu et d'aider à son développement. Monter des spectacles en direction des jeunes et des familles, organiser des lectures et des rencontres, susciter la réflexion et les échanges, inviter pour des résidences des auteurs confirmés et aider de jeunes écrivains à s'affirmer, permettre à de jeunes praticiens de découvrir et d'expérimenter le théâtre jeunesse sont les grands objectifs du collectif.

L'auteur

Après une maîtrise de philosophie, Dominique Richard entre à l'École Supérieure d'Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg d’où il sort diplômé en 1993. En tant que comédien, il travaille au théâtre avec Bernard Sobel, Joël Jouanneau, Michel Galabru, Pierre Vincent, Madeleine Gaudiche... En 1998, il écrit et met en scène sa première pièce, Le Journal de Grosse Patate, puis Les Saisons de Rosemarie, Les Ombres de Rémi, Hubert au miroir, Une journée de Paul (texte lauréat du Prix Collidram en 2008), Le garçon de passage, Les Cahiers de Rémi, L'enfant aux cheveux blancs et Les discours de Rosemarie (lauréat du Grand Prix de Littérature Dramatique Jeunesse 2017, ARTCENA).